Viridis guide viride

2020

Sois poète et descends
dans les suies, dans les gazes
dans l’âpre enfer incubateur.

Il n’est pire bulle qu’un mot de poésie.
Au pilori, des yeux le veilleraient.
Quand on tient par son aile
cet oiseau du tréfond, la pensée fixe et fer
doit serrer sans casser
si le doute – sa voix de tête –
un instant ne la détourne.

Soutenue par de grandes ondes
la remontée est silencieuse
la peur exalte.

Effleuré, il est fumée.

(Bifurque même qui plus tard y repense)

Au fond
cendres, quelques osselets, quelques ossements
quelques jeux de hasard
débris, débats, bisbilles
et un unique talon de sucre.

*

L’attente
La grande âme péripatéticienne fait les cent pas.
L’attente, l’attente
péripatéticienne et précise
n’abaisse pas sa grande hache
sa hache chlorophylle.

L’attente m’a fait putain de marbre
et poupée de Stockholm
ma gorgée et ma soif
pour ne pas jeter mon dévolu
pour jouer le jeu à pleines joules.

Comme une légende
repose, lève ou infuse mais demeure sans bouger.

Brandon dans ton coracle
tu filais droit au miracle.

.

*

Spontanément on se dirait athée
sans voir en soi
cette pire croyance.

Je n’ai que mépris pour la superstition
laquelle me guide.
plaquophile compulsive et
hagarde
j’ai cette folie vérificatrice
– comme qui prie-
cette vigie du ventre.

Qui viennent qui viennent
les images obsédantes
que vienne que vienne l’iconoclaste
car tous les os de mon masque ont bougé.

La peur ronron du moteur.

*

A l’insinu aux écumeuses pensées
aux sirènes dans la villa gaète
j’oppose mes petites ironies
les élimées les presque mortes de vieillesse

Exclusifs de la rime en x
leur barrage est solide

L’arête consonantique tient le monde
l’os consonne tient le poème
fleur phalle obstinée
à l’insinu il oppose quelque chose

Au lipogramme en A+

*

Au milieu de la vie
jamais je ne me suis promenée seule en forêt
mais seulement dans
les quinconces / les losanges
où ne marchent pas de front
les anges les quiconques

Mais en lisière
rosso comme Rocco
rosso comme un bouc
d’une bouche rouge coule fluide vinyle
une laque liquide et chaude
Goblin qui crie au giallo
goule de Goblin
gueule au giallo

J’entre par les règles
aux souples rideaux
j’entre
dans le ru de la rubrication

De gueules auguste figure
Viridis guide viride
m’entraîne Comme
elle vitupère ! Cric de cher!

Dans la lande de Thébaïde
une femme sans trajectoire
en cire en gomme
écrit son masque
engage une ressemblance

Sa défroque toute blanche

-obscure !-

celle-là n’a pas contracté
la maladie de la pute

Peine une jeunesse de palud
file le flux file le flux
des poissons plein les poches

Toutes vierges et en tête
de l’armée des rubricatrices
l’ORGILACTE
me tend un verre de lait et des biscuits
Pour moi elle ouvre l’antifour
il est minuit
dans la chaufferie des mortes.