La Matrice

2004

H( Il est d’avant moi
L’en deça et l’au-delà
Le passé qui égale au futur
Me précède
M’entrave
Je le prolonge il naît de moi
Notre mutuel engendrement
Le noyau devenu ma trame
Il est l’arrière quand je suis au front
Débitrice incapable d’amnésie
Jusqu’à l’anéantissement
Peur horreur de l’origine
Mon sang coule je provoque cette saignée
Fouille le flux sanguin
M’affaiblit pour l’exprimer
Chair mortifère
Tête coeur et ventre
Que sorte sorte sorte
Le mot le mot
Qui lachera la bonde
La grande clarificatrice
De ce noir nucléaire de cet enfer matriciel
Le flux)unter.

*

8694 Organique le silence comme la respiration de qui meurt, bruyant de ce qu’on n’entend pas, le charroi du sang qui de rouge devient noir, la phagocytose indifférente, la mutation en chyle des aliments, l’acidité pathologique de tout son être, le manège qui ne s’interrompt pas de chaque viscère, l’about pestilentiel de cette vie. J’étais cet oiseau autophage dont je ne sais plus le nom. Une lyse vigile roue et brise, roue et brise tous mes amours, une parole monstre et mièvre, l’échafaud du théâtre harryen. Aujourd’hui la ténèbre est datée. Catastrophe du passé. Moi les limbes.

*
8710 Comme la bête acorée, enfants, je crève de simplicité, d’étaler le macchabée sur la table, de détacher l’organe pourri, qu’il circule à la ronde et qu’on en finisse. Je ne sais pas comment ma nuit est distribuée. Je tombe dans un gouffre à sensations un intérêt languide et long, long comme ce beau mot long déréliction. Brave mort. Comme la bête adorée je ne peux atteindre. Le sang, le sang et jamais le délivre. Moi le délivre.
*

8715 J’ai été infans. Violence faite à celle qui fonctionne dans la sphère du flux: ne plus dire.
La vie n’est pas venue.
J’ai marché. L’espace comme je le parcours est le meurtre du temps. J’abolis le passé et je quitte ma peau dans cette progression, ce dépouillement. Les rues que je laisse derrière moi toutes les rues sont mon père ma mère.
Je fais depuis vingt-cinq ans la méprise des morts de Swedenborg qui croient quelques semaines encore après leur mort être toujours parmi les vivants. Je ne remercie plus de la beauté de l’inutilement né.
La vie n’est pas venue.
Ah c’est un cri maintenant.
*
8724 aimer
Me soumettre à cette gravitation qui enchaîne à l’humain.
Je suis la succube qui ne te réveille pas la nuit, mon aube, ô ma sollicitation, ma vie.
Serions-nous sous le merlin?
*
8732 Je mène un fort chagrin et mener est le mot.
O mon chemin algique envers Harry
mon chemin vers toi
Harry le revenant le sériel le toujours là
Harry le mélodique
Dans la lignée la ressemblance
Maudit magicien malentendu initial
Harry le sale homard
le ne pas le ne pas fait ventre
Harry le prismatique
H erreur et rôdeur
Mais toi
Qui es la suite en tant le versus
Tu te déplieras hors du champ harryen
Tu te déplieras autour d’un coeur bref
Et absentera le hiérarque
O mon coeur adversifié
Mon aiguille aimantée ma densité
Ma densité quand j’étais à tous les vents
Une ascendance
Une bouche à renaître
L’exit du langage
Meneuse de miracles je ne veux plus l’être
De la masculinité le faîte
Ton humanité me terrifie
Aime-moi car peut-être viellir est désapprendre
Moi comblée dans ce vide.