Dans mon érographie

2015

1

*

Un sort grivèle me fit un tour
Un tour jumeau

Il est rompu le parallèle
Et mon coeur boîte au pied boiteux

Verbes de la marche mauvaise
Annoncez-moi que je m’avance.

Mol aubier de tilleul qui pourtant casse mon assiette
tu n’es plus que vif –
Et mesurer m’obsède.

Je me repère dans l’espace
Je me repère aux aguets à la vérification
Je me repère au codage de la réalité
Au délire à deux à la cécité à deux
Au tambour-ventre de céans

Rien qu’un pinçon ou mon antidestin
Sculptée je m’endors avec une légère épaisseur.

*

2

Je t’ai combattu longtemps
dans l’élan ascétique des balades

Jupon de Jeanne jupon de Geneviève

Je t’ai déchu en rêve
Iris de fer délibérée Iris

Jupon de Jeanne jupon de Geneviève

Je t’ai accusé de mes dents intactes
et j’ai mordu dans ton cœur
au maniement pensif

Jupon de Jeanne jupon de Geneviève

Je te mesure depuis toujours
(du vide ou des pépins verts !)
et aujourd’hui traîne ma peluche

Jupon de Jeanne jupon de Geneviève

Brune j’ai pour toi fléchi mon verbe
adjectifs vous me parlez de fréquence

J’ai confondu mon désir et son immobilité

Une fois mis le mot vrai sur l’exacte plaie
j’entre en profération
et dit enfin « Je suis Madeleine »

Jean sans terre et sans se corrompre
brulerait-il son enquête
– sa violence n’est jamais émeutière-
qu’il ne retrouverait pas son lot
qu’il me retrouverait
qu’il me rudoierait
bergère de mes démons
mégère de mes moutons.

(Pour cela j’ai rêvé ma main molle atrophiée en prison de Towers)

Il faudrait que je dorme pendant que je change de forme.

*

3 *

Plus jamais plus dur que jamais
et dans une nature impeccable
tue-moi enfant de Sparte

Si j’étais reine

Deux toiles bises jetées l’une sur l’autre
une semaine d’assaut et de deuil
où folle en cramoisie je suis venue pour dire oui

Parle parle
pendant que je brandis
parle à en perdre le lac

Ta couronne est portée basse
est portée impétue et machique
est portée emperlée vaine.

Tu franchirais la barrière de titane
boa héros de constriction
force de ruses tu méduserais ma stérilité

Ce n’est ni dire ni écrire
mais sortir de la folie par une averse
sur mon arête piteuse

Oh cher si j’étais reine
à la nuit-jour je suffixerais

Dans cette érographie
j’ai des objectifs moraux
des raisons hautaines
des raisons ovidiennes
ce sont des façons de femme qui attend
habitant une laine rétrécie et mesquine.

Aimer de loin et puis se taire.

*

4

Feu mon malheur ce fut
la férule et l’étendue

Ma fève amiantée
articulée de barbelés je tourne autour de ta tourelle murée
ma stupeur loque à ta porte
mais tu vas aux confins
être cyrillique
aux confins de ton orbe tracassante et fuyarde

Tristesse sans équipage sans caparaçon sans mission
ton heaume ton hiatus
Mon heaume n’est pas en imagination

Si je n’étais plus reine
Une dent pousse en souterraine

Oh réticent et décimale de Pi
de feularde catégorie

Si je pouvais penser l’épars
les épines l’épée
si je pouvais penser ensemble
les âpres aspérités
et l’âcre humeur inabsorbable
les penser comme un poing
puis un ballon jeté loin

Honte haïe quand soupçonnée
honte blottie quand avouée
elle rencontre la mienne
encore eût-il fallu se sébastianiser avant

Que tu ouvres que tu ouvres
tu ouvres enfin
C’est respirer c’est le papier

*

5 *

Bien fol mais heureux qui vivrait l’annulère et son glas de manières son protocole de sapidité

Inexorable épée pour que l’on se revoie

Et que tu m’étrilles

A l’aune de l’aube humer encore

*

6

Non je n’ai pas peur
dans la borgne dans la née-nuit
sors comme moi de la répétition
Michka ourson de sacrifice

*

7

Je ne souhaitais qu’une houlette
et non cette hache de guerre
mais dans notre raison gothique
un régime bicaméral ne tient pas

– Cette hache à décolleter-

Frein la posture
la posture trop à cru sur le crin du cheval
trop à cru mon yearling

Mille fers crocus que je n’abandonnerai pas
que je n’énoncerai pas comme Marie d’une intolérable humilité

Rappelle-toi ânon Horace
le dédoré de ton austérité

J’ai couru dans le pré de sinoples
toutes amours bées
toutes babels bues
rebelle et si bifurquée que soit la route
dans la glissière temps